En bref : Romont, sa ville d’enfance. Un haut de forme, une robe rouge à pois, un conteur et une idée folle pour attirer le public : les troubadours 2.0 sont en marche. Entre une petite fille éblouie qui ne demandera qu’une chose et un public qui chante en choeur les tubes d’Annie Cordy, découvrez cette journée où un rêve d’enfance a pris vie, plumes de boa rouge comprises.

Le grand jour

Samedi 19 septembre 2026

Par les fenêtres du bus, je vois défiler les lieux emblématiques et si beaux de cette petite ville, bâtie au sommet d’une colline : la Tour à Boyer, la maison Saint-Charles, le Château et son Musée du Vitrail et la Collégiale. Plein de souvenirs surgissent dans ma tête. Romont, c’est ma ville, j’y ai vécu toute mon enfance et mon adolescence, c’est si bon de m’y retrouver en tant qu’artiste des 20 Heure de Musique de Romont! C’est un rêve qui se réalise.

Je découvre un accueil chaleureux et souriant par les bénévoles du festival. D’emblée, je m’y sens bien. Il n’y a pas beaucoup de monde dans les rues pour le moment, les concerts ayant déjà commencés dans les différents lieux de la ville. Je me rends aux Capucins où je retrouve Raphaël Meneghelli, le talentueux conteur de notre spectacle. Nous déposons nos sacs dans un coin de l’arrière-scène des Capucins et en route pour l’aventure. Comme les saltimbanques de jadis, nous avons choisi une idée originale pour attirer les gens à venir assister à notre spectacle : une déclamation de Raphaël, comme les crieurs de l’époque, assortie d’une distribution de flyer par moi. Cela c’est le côté plus contemporain. Oui, il faut bien vivre avec son temps ! Nous sommes des troubadours 2.0 en sommes !

Au début, Raphaël et moi avons un peu le trac. Imaginez la scène : nous arrivons sur une terrasse de café, l’un est coiffé d’un haut de forme noire et l’autre est vêtue d’une robe rouge à pois blancs de style années 60 avec un ample jupon rouge et porte un chapeau de paille à fleur rouge, noir et jaune. A un moment, il faut bien se lancer : Raphaël commence à déclamer. Tout de suite, le miracle se produit : dès les premiers mots, les gens s’arrêtent de parler, nous regardent et écoutent attentivement jusqu’au bout puis applaudissent pendant que je passe parmi les tablées pour distribuer les flyers et répondre aux questions. Les sourires sont là, notre idée plaît et plusieurs groupes de personnes veulent venir assister à notre spectacle. Enchantés par ce début prometteur, Raphaël et moi nous rendons devant la Collégiale. A la sortie du concert, quand le public est le plus nombreux, nous effectuons la même opération de charme. C’est à chaque fois une réussite. Nous voyons de sourires, des rires, du plaisir et des personnes séduites par notre présentation. Une petite fille demande à sa grand-mère si elle peut s’approcher de moi. Je ne peux pas résister à son regard : très touchée, je vais vers elle et lui parle. Fascinée, la petite est aux anges quand je lui donne un flyer. Immédiatement, elle dit à sa grand-maman : « Je veux aller voir le spectacle de la dame. » Sa grand-mère sourit et lui dit oui. Puis elle prend une photo de sa petite-fille avec moi et Raphaël. Je ne le savais pas encore, mais nous venions de rencontrer notre plus jeune spectatrice.

Les heures passent vite quand on parcourt ainsi la ville de Romont, à échanger avec plein de personnes : il est l’heure de revenir aux Capucins. Philippe Ducarroz, notre régisseur et metteur en scène, est là, en train de tester la régie son et lumière tout en montant les structures du décor. Nous lui donnons un coup de main. Un technicien, dépêché par le responsable technique des 20 Heures de Musique, vient m’apporter un micro serre-tête et nous effectuons un rapide check sound. Kurtis Hypnotic, notre danseur, acteur et spécialiste de l’événementiel arrive avec son fourgon : il reste à décharger le matériel et tout mettre en place. Cela se fait dans la bonne humeur, tout en étant à notre affaire : il ne faut rien oublier !

L’arrivée du fourgon de Kurtis Hypnotic
Montage du décor et installation du matériel
Tout est prêt !

L’heure du spectacle approche : nous avons juste le temps de mettre nos costumes et chacun se concentre dans son coin : le trac monte. J’ai la sensation que je ne sais plus rien, alors je respire profondément et lentement. Puis je me redis l’ordre des chansons et des transitions. Philippe vient nous dire qu’il nous reste quatre minutes avant le début du spectacle. Kurtis, Raphaël et moi unissons nos mains en nous mettant en cercle : il est tant de dire ensemble notre phrase porte-bonheur. La musique commence, je m’avance vers la scène, c’est parti !

D’emblée, je découvre, avec émotion, qu’il y a beaucoup de monde. C’est juste incroyable !! Je me donne à fond sur scène, encouragée par la présence de mes proches, de tout ce public, dont cette petite fille de tout à l’heure, venue avec ses grands-parents. Kurtis et Raphaël sont magnifiques, ils prennent autant de plaisir que moi sur scène et c’est un bonheur de partager de tels moments avec eux et Philippe. Notre régisseur fait un excellent travail, aussi bien pour le son que les lumières. Notre public participe : il chante avec nous, tape dans les mains, rit, bref nous nous amusons tous ensemble grâce à ces si belles et joyeuses chansons d’Annie Cordy, Régine et Soeur Sourire. Les applaudissement résonnent encore alors que nous sommes dans les coulisses tous les trois, heureux, partageant une accolade. Philippe nous rejoint pour nous féliciter.

Raphaël Meneghelli, Kurtis Hypnotic et Valérie Conus dans « La Bonne du Curé » d’Annie Cordy

Il est déjà l’heure de tout ranger : le concert suivant va bientôt commencer et les prochains artistes viennent s’installer. Juste le temps de discuter un peu avec mes proches, lesquels nous donnent un coup de main pour balayer les plumes tombées du fameux boa rouge, mettre les accessoires dans les sacs, puis porter tous les éléments du décor dans le fourgon de Kurtis Hypnotic. Dernier petit échange entre nous, puis il est temps de nous séparer : une partie de l’équipe part avec le fourgon vers d’autres rendez-vous pendant que Raphaël, une de mes meilleures amies et moi-même allons prendre un rafraîchissement bien mérité sur une terrasse, au soleil. C’est ainsi, dans la bonne humeur, que se termine notre merveilleuse participation au festival des 20 Heures de Musique de Romont.

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